Couverture de La danse des illusions

Thriller psychologique · Extrait offert

La danse des illusions

Alain Boulot

Lorsque les sentiments deviennent un jeu de miroirs, la vérité est la première victime.

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Prologue

Le premier pas dans la danse

Le bureau baigne dans une obscurité maîtrisée, une pénombre qui semble retenir son souffle, comme si les ombres elles-mêmes étaient en attente, suspendues. L'air est épais, chargé d'une tension invisible, tandis que chaque objet semble être à sa place, parfaitement immobile, observant. Seule une lampe de bureau déverse son halo restreint sur un carnet posé sur le bois verni, révélant des pages couvertes de griffonnages à l’encre noire. Les lignes y ondulent, alternant entre une précision presque chirurgicale et un désordre assumé. Certains mots sont tracés avec soin, d'autres effacés en un instant de frustration. Tout est à la fois méthodique et anarchique, une cartographie de l'esprit complexe qui les trace. Alexandre est assis devant le bureau, penché au-dessus du carnet, sa main virevoltant au rythme de ses pensées. Il porte une chemise noire impeccablement repassée, dont le col ferme encadre un visage concentré, façonné par l'habitude d'un contrôle rigide. Son front est légèrement plissé sous l'effort de la réflexion, tandis que ses lèvres bougent par intermittence, murmurant des mots à peine audibles. Le tic-tac de l’horloge murale rythme les secondes qui s’écoulent, chaque battement amplifiant le silence oppressant de la pièce :

– Reflets trompeurs…, murmure-t-il, son regard fixé sur une ligne qu'il vient d'écrire.

La plume grince sur le papier, le bruit sec et légèrement rauque résonnant dans le silence de la pièce, tandis qu’il souligne ces mots d’un trait ferme. Une légère vibration parcourt sa main, comme si chaque mouvement s'imprimait non seulement sur le papier, mais aussi sur ses pensées. Il s'arrête un instant, l’air pensif, ses yeux noirs se perdant dans l’obscurité au-delà de la lampe. La pièce est parfaitement ordonnée, chaque objet à sa place, chaque livre soigneusement aligné sur l'étagère. Pourtant, une tension sous-jacente parcourt l’air, comme si quelque chose de dissimulé menaçait de se révéler à tout moment :

– La vérité… quelle importance a-t-elle vraiment… ?, continue-t-il dans un souffle, esquissant un sourire sans joie.