Couverture de Paris-Albi, aller simple

Thriller en huis clos · Extrait offert

Paris-Albi, aller simple

Alain Boulot

Dans un train de nuit, chaque passager cache quelque chose et le passé cathare reprend vie.

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Le train file dans la nuit noire. À l'intérieur d'un wagon de seconde classe faiblement éclairé, quelques passagers somnolent ou s'occupent en silence. Monsieur Lenoir, un homme d'affaires à l'allure austère, serre nerveusement contre lui une mallette en cuir. Son regard sombre et méfiant balaie le wagon, s'attardant sur chaque visage. Un homme en costume sombre entre et s'assied non loin de lui. Il sort un journal mais ses yeux semblent rivés à Lenoir par-dessus les pages. Mal à l'aise sous ce regard insistant, Lenoir se lève brusquement et se dirige vers les toilettes, sa mallette toujours fermement tenue contre lui. Dans un autre coin, Madame Bouvary, le visage strié de larmes, regarde défiler sans les voir les lumières de la banlieue parisienne. Les mots déchirants de son mari sur le quai tournent en boucle dans sa tête. A-t-elle fait le bon choix en tout quittant pour son jeune amant ? Le doute commence déjà à s'insinuer en elle. Deux rangées derrière, un homme au visage fermé et aux yeux perçants pianote sur le clavier de son ordinateur portable. Monsieur Kadirov, diplomate étranger, rédige un e-mail cryptique. Sa mallette contenant des documents top secrets ne le quitte pas des yeux. Si son contenu est révélé, un incident diplomatique majeur éclatera. Et il a l'impression que quelqu'un l'observe depuis qu'il est monté dans le train…Les portes du wagon s'ouvrent. Sylvain Marsaz, un jeune étudiant en droit, entre et cherche sa place. En s'asseyant, il remarque la vieille dame confuse qui marmonne toute seule. Quelque chose dans son babillage incohérent attire son attention, elle ne semble pas avoir toute sa tête. Elle porte deux chaussures différentes. Le train s'enfonce dans la nuit, emportant ses passagers et leurs secrets vers Albi. Mais quelque chose de terrible se trame. Des destins sont sur le point de basculer, pour le pire…

Monsieur Lenoir revient des toilettes, sa précieuse mallette toujours serrée contre lui. En regagnant sa place, il sent les regards suspicieux des autres passagers qui le suivent. L'atmosphère dans le wagon est devenue étrangement lourde et oppressante. Soudain, la vieille dame confuse, Madame Deschamps, se lève d'un bond en le pointant du doigt. Ses yeux sont exorbités et sa voix tremble d'émotion quand elle s'écrie :

– C'est lui l'assassin ! Je le reconnais, même 50 ans après !